L’Entretien du Lundi - Armand Steiger : « On a débuté avec le Minitel »

2 décembre 2014 - 16:09

Arrière gauche du PUC pendant six saisons au côté de Philippe GARDENT, Pascal MAHÉ, Denis TRISTAN ou encore Nicolas COCHERY, Armand STEIGER est toujours omniprésent dans les salles. Depuis près de 30 ans, il a associé sa connaissance du handball à sa maîtrise de l’informatique pour créer en 1997 la première version du logiciel de statistiques, Handvision, l'outil de référence de la FFHB. Statistiques, Webdiffusion, Parlons Hand, autant de projets qu’Armand mène de front avec toujours autant de passion.

Tu évoluais en D1 au Paris Université Club (PUC). Pourquoi décides-tu d’arrêter ta carrière en 1989, à seulement 28 ans ?

Nous n’étions pas encore entrés dans le professionnalisme et j’ai eu un souci de santé. Alors j’ai décidé de faire une année blanche et je n’ai jamais repris. Comme beaucoup à l’époque, j’avais déjà une activité professionnelle : j’étais le Directeur des Sports à Savigny-sur-Orge.


Tu t’éloignes donc du terrain ?

Non car j’ai une formation de professeur d’éducation physique et je suis titulaire d’un BE2. En parallèle j’ai aussi obtenu une licence d’informatique. J’ai alors l’opportunité d’entraîner Pontault-Combault, de 1989 à 1991, qui vient d’accéder à la 2e division.


Comment t’es-tu rapproché de la Fédération ?

Depuis tout jeune, je suis intéressé par les organisations. Au tout début des années 80, j’ai collaboré au premier championnat du monde universitaire puis sur un Mondial junior filles.


Pourtant à l’époque ce sont les balbutiements de l’informatique ?

Au sein de ces organisations j’étais impliqué dans la gestion administrative et à la réception des équipes. J’ai aidé à l’organisation de tous les championnats du monde organisés en France, 1986, 1989 et plus récemment 2001 et 2007. Secrétaire général de la Ligue PIFO, je collabore aussi au Tournoi des Capitales qui sera organisé tous les deux ans à partir de 1984.


À quel moment apportes-tu tes compétences en informatique ?

À partir de 1986, à l’occasion du Mondial B organisé en France. Un outil est mis en place pour consulter les statistiques sur Minitel. À l’époque c’est vraiment nouveau : les stats sont disponibles en trois langues avec une consultation des scores. Le projet avait été initié par Alain MOUCHEL qui l’avait intitulé « un autre regard ». C’est la première fois qu’il y a eu une ouverture grand public. Une initiative à mettre à 100 % au crédit de la FFHB.


Comment es-tu amené à quitter le service des sports de Savigny-sur-Orge ?

En 1991 je rejoins le club de Finances à Levallois, en tant qu’entraîneur adjoint de Christian GRILLARD, un ancien de Gagny. Le club est aux portes de la N1B et je suis embauché pour la mise en place de l’installation sportive du Palais des Sports Marcel Cerdan pour en faire un outil moderne avec une billetterie informatisée, des badges pour ouvrir les portes et un câblage pour les télévisions.


L’aventure levaloisienne s’achève rapidement…

En 1993, la Municipalité fait un choix politique et abandonne le projet handball. Le club de Finances déménage à Massy où j’arrive en tant qu’entraîneur principal de la N1B. Et je retourne à Savigny-sur-Orge, cette fois au poste de Directeur du Service Informatique, poste que j’occupe toujours.


Le projet massicois est ambitieux et vous accédez en N1 à la fin de la saison 1992-1993. Comment attires-tu des Barjots ?

J’ai en effet la chance d’avoir Denis TRISTAN, médaillé olympique, avec lequel j’ai toujours eu des atomes crochus, et  Philippe MÉDARD qui accepte aussi de venir. J’ai ainsi deux pièces maîtresses, médiatiquement et sportivement.


Pourtant tu ne poursuis pas l’aventure en 1e division…

Je dirige l’équipe pendant trois saisons mais en 1996 je décide de faire un break car mon activité professionnelle est devenue trop prenante et j’ai envie de consacrer du temps à développer des outils au service du hand. Au retour des J.O. d’Atlanta, la Fédération souhaite que je planche sur un système de stats, à partir du cahier des charges du CIO. Le Tournoi de Bercy devient mon terrain de jeu et la première version de Handvision sort en 1997. Au début des années 2000, on propose cet outil à l’ensemble des clubs de D1. C’est le début de la micro-informatique et d’internet avec des liaisons téléphoniques à 56 KO. Suivra le développement du premier site internet de la FFHB.
J’ai à nouveau effectué une pige pendant deux saisons, de 2009 à 2011, pour aider Massy à monter en Handball ProD2. Même si j’ai du mal à ne faire qu’une activité en plus de mon métier, je suis content d’avoir donné les clés de l’équipe à Benjamin BRAUX, un jeune entraîneur qui avait des capacités et qui s’en sort bien.


Pourquoi ne pas avoir développé une entreprise plutôt que l’association Handvision?

Un projet c’est une économie et nous n’avions pas pour objectif de rentabiliser, juste à ce que le logiciel soit utilisé et utile, un peu comme un free-ware. Notre satisfaction et notre récompense se trouvent dans l’utilisation des outils et c’est aussi vrai sur tous les projets qui vont suivre, notamment Pubvision (diffusion d’informations dynamiques sur bords de terrain) et Hibou (outil de gestion des accréditations).


Une fois la partie statistiques mise en place, quand est venu le choix d’y associer la vidéo ?

En fait c’est en animant les écrans du Palais Omnisport de Paris-Bercy, notamment avec l’incrustation du chrono, que la bascule vers la télévision s’est opérée. Puis nous avons développé la partie Live-Stats et beaucoup œuvré avec le site Handzone, qui travaillait déjà bien sur la partie contenu. On le sait bien l’information ne vaut que si elle est partagée. Et nous avons rapidement fait le buzz avec 15000 pages vues par week-end sur le suivi des statistiques. Nous le perfectionnons chaque année le système pour faire suivre dans les meilleures conditions les rencontres de LFH et de Handball ProD2.


La diffusion des matches de Coupe de France et de Handball ProD2 a conduit Handvision à développer un « nouveau » métier ?

L’accord a été conclu en 2011 pour six années avec la FFHB qui a co-investi pour l’achat du matériel et les diffusions. À partir de 2012, avec Livehandball, nous avons diffusé des matches de Handball ProD2 et des matches de Coupe de France. Il faut imaginer que nous avions 25000 connectés sur matches départementaux et régionaux sur les finales de Coupes de France 2013 et 2014.


Handvision s’exporte désormais en dehors des frontières avec des collaborations avec l’EHF et l’IHF…

Avec l’EHF, nous avons installé des caméras dans les buts pour aider les arbitres lors des deux derniers Final Four de la Ligue des Champions. Le concept avait été validé lors d’une demi-finale de Coupe d’Europe à Nantes et la validation d’un but par notre système. Dès lors l’EHF a estimé qu’elle ne pourrait plus jamais s’en passer. Avec l’IHF c’est au Qatar sur le Golden Globe que le système a été mis en œuvre. Nous avons aussi placé une caméra latérale pour aider les arbitres. Un système qui a fait ses preuves : Kentin MAHÉ a été le premier joueur sanctionné dans ce cadre et lors de la finale de la Coupe de France 2013, Luc ABALO a sûrement évité une exclusion grâce à cette caméra.
Il y a d’ailleurs des façons différentes de procéder : l’EHF considère que c’est aux arbitres de décider et pour l’IHF, c’est toujours l’arbitre qui vient voir mais à l’injonction d’un 4e arbitre. Le système « but ou pas but » sera installé dans les trois salles de Doha pour le Mondial masculin 2015. Nous serons présents au Qatar avec une équipe de six personnes du 12 janvier au 2 février.


Toutes ces activités vous ont finalement conduit à monter une société…

Avec Handvision, Hibou, les statistiques, l’assistance vidéo à l’arbitrage… et désormais la production de l’émission bi-mensuelle Parlons Hand, il était nécessaire de créer une société. Gilles DESGROLARD, président du club de Massy, a créé et préside la société VISIONSPORT qui gère la partie relationnelle avec les instances IHF et EHF. Avec la mise en œuvre de Parlons Hand, un projet porté par la Fédération, nous sommes passés à un format plus professionnel. On se devait d’avoir une structure privée car on doit notamment faire appel à des intermittents du spectacle.


Jusqu’à présent, quel a été ton plus beau projet ?

Celui que je n’ai pas encore réalisé. Tout est facile quand on l’a déjà fait une fois. Tous ces outils m’ont permis de vivre des événements que je n’aurais pas vécus comme joueur. C’est un privilège et j’ai la chance d’avoir une Fédération qui me fait confiance.


Quel est ton prochain défi ?

Je suis un garçon issu des années 80, il faut faire attention à rester vivant et cela oblige à continuer à apprendre. Je crois beaucoup aux statistiques en direct pour l’entraîneur afin de l’aider dans son travail tactique en situation réelle,  y compris à l’entrainement. C’est l’avenir. Selon moi on sous-utilise la vidéo. Nous développons des axes de travail avec Ivry notamment qui est friand de ces outils-là.

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