L'Entretien du Lundi - Jackson Richardson : "Je me suis découvert"

21 novembre 2014 - 06:29

« 417 sélections, 787 buts et début en 1990 en équipe de France, médaillé de bronze des J.O. de Barcelone, champion du monde en 1995 et 2001, vice-champion du monde en 1993, médaillé de bronze en 1997, 2003 et 2005, porte drapeau des J.O. 2004, meilleur joueur du monde en 1995, Jackson RICHARDSON ! » C’est ainsi que débute le remarquable documentaire de 52 minutes consacré au Réunionnais (le DVD d’1h20 est déjà disponible). Outre ce passé glorieux, Jackson RICHARDSON évoque avec sincérité et passion son nouveau métier, son fils Mélvyn, la sortie de ce DVD et son regard sur les Experts.

Peux-tu nous raconter comment tu as pris les commandes de l’équipe professionnelle de Chambéry ?

Après le départ de Mario CAVALLI, alors que j’étais son adjoint, on ma demandé un lundi matin d’accompagner l’équipe qui devait jouer le mercredi à Créteil. Sans avoir l’étiquette d’entraîneur, j’ai fait ce que je devais faire : je n’ai pas ouvert de bouquins, j’ai transmis, avec mon cœur, mes connaissances. Ce fut un plaisir car les joueurs m’ont facilité la tâche en étant très professionnels par rapport à mes demandes. Le temps qu’un nouvel entraineur arrive (le Croate Ivica OBRVAN a été nommé le 6 novembre dernier), j’ai fait le job avec passion. J’ai beaucoup appris et j’ai grandi plus vite que prévu.


Et maintenant ?

Comme c’était prévu, je suis redevenu n°2 et j’ai passé le bébé à Ivica OBRVAN qui a de l’expérience. Je poursuis à Chambéry avec le contrat signé en début de saison, en tant qu’adjoint. J’ai lu ici ou là que j’avais un contrat pour deux ans ½. Je précise que je me suis engagé avec Chambéry pour la seule saison 2014-2015.


Pourquoi cette orientation vers le métier d’entraîneur, une fonction dans laquelle on ne t’attendait pas forcément ?

C’est vrai car depuis que j’ai arrêté de jouer en 2009, j’ai effectué beaucoup d’allers et retours à la Réunion pour le compte du cabinet Michel Simond. J’ai aussi beaucoup échangé avec Patrick CAZAL. Il est mon modèle et je suis admiratif de son parcours : il est mon point de repère. Il m’a dit que pour être directeur sportif ou entraîneur d’un club professionnel, il fallait obtenir le DES (Diplôme d’Entraîneur Supérieur). Je ne connaissais pas l’existence de ce diplôme.


Et tu t’es lancé…

J’ai compris l’ampleur et l’intérêt de ce diplôme. Cela me permettait de revenir dans la chose que je connais le mieux : le handball. J’ai débuté cette formation d’une année en septembre 2013 et j’ai retrouvé Gilles DEROT et Marc WILTBERGER. Je n’étais pas attaché à un club mais avec le pôle espoir de Chambéry. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre et à faire cette formation. Je me suis épanoui avec les jeunes du pôle.


Racontes-nous comment tu as obtenu ce diplôme ?

Je l’ai passé au mois de juin 2014 et j’ai rattrapé deux matières en septembre pour réussir ce diplôme. J’ai arrêté les études assez tôt avec un CAP de peintre. La difficulté était de réussir à formuler mon langage. Par exemple, si je devais expliquer une attaque placée, j’avais du mal à l’expliciter. Au début, à chaque devoir rendu, les enseignants me disaient : « développe, développe. ». Il a fallu faire un effort important d’écriture, être capable de dépasser les 3 pages. Puis j’ai réalisé un mémoire sur le projet de jeu, l’entraînement, la formation des cadres, l’analyse de la séance vidéo.


Es-tu fier d’avoir obtenu ce diplôme ?

Ce diplôme était un gros défi pour moi. Cela me rend fier car c’est un niveau Bac +4. Certains m’avaient fait comprendre, indirectement, que je ne réussirais pas. Je voulais aussi montrer à mes enfants que lorsque tu as un objectif, il faut se donner les moyens et que cela vaut le coup de faire des sacrifices.


Ton plan pour l’avenir ?

Pour le moment je n’ai pas de plan. Tellement de choses se sont passées ce dernier mois. J’ai beaucoup grandi, plus vite que ce que je l’attendais. Je me suis découvert. Le stress en tant qu’entraineur, préparer les séances, planifier la semaine et surtout être capable de  mener une équipe en compétition. Le plus difficile a été les trois jours avant le match à Créteil. Je suis passé de la position du grand frère, qui faisait le tampon entre joueurs, à celle d’entraîneur. Il a fallu m’imposer en tant que meneur.


Ton fils Mélvyn est devenu champion d’Europe avec l’équipe de France jeunes…

C’est une énorme performance. J’étais vraiment content pour eux. C’était la première fois que dans les catégories jeunes, une équipe de France montait sur la plus haute marche du podium. C’est une grosse performance qui salue le travail des formateurs. C’est une vraie réussite car il y a toujours eu des joueurs de talent dans ces équipes mais elles ne réalisaient pas de performances. Jusqu’à présent on vantait surtout les mérites de la formation allemande, suédoise ou espagnole.


Comment juges-tu la progression de ton fils qui vient d’effectuer ses débuts en LNH ?

C’est difficile pour moi de répondre… Il y a beaucoup d’éloges sur son compte mais contrairement à ceux qui ne le connaissent pas, je le critique afin qu’il puisse corriger et progresser. Il est la personne à laquelle je demande le plus d’efforts. C’est l’éducation que j’ai reçue par mon père et mon frère (comme on peut le voir dans le film).


Es-tu conscient que le patronyme peut-être difficile à porter ?

Je sais que c’est plus dur pour lui. Lorsqu’on nous compare je sais que cela le motive encore plus pour atteindre son objectif. Il a un nom et il doit se fabriquer un prénom. Comme il est certainement plus regardé que les autres, il doit faire plus. Lorsque j’allais voir jouer Mélvyn, on me demandait des autographes. Alors je disais « non, après le match. Je suis venu pour voir jouer mon fils. Les gens étaient surpris. » Heureusement qu’il est bien encadré par sa petite sœur et sa maman. Ma femme a vécu ma notoriété dans l’ombre et elle sait qu’il faut de la simplicité et mener une vie normale.


Lorsque tu deviens champion du monde pour la 2e fois, tu mets un temps fou à sortir du vestiaire et après une grosse ½ heure tu sors enfin en disant, la gorge serrée : « j’étais avec mon fils au téléphone, il pleurait »… T’en souviens-tu ?

Oui bien sûr. Je lui ai raconté et on en rigole. Il est né un 31 janvier et je n’étais jamais là pour lui souhaiter son anniversaire. Ce soir là j’ai pris un coup de massue car je commençais à prendre conscience du poids de mes absences. J’ai moi aussi une anecdote avec Mélvyn.


Vas-y racontes ?

C’était juste avant les J.O. de Pékin. J’étais en train de faire une interview. Il était à côté de moi, en train de jouer, mais je ne pensais pas qu’il écoutait. Le journaliste me demande ce que je pense de l’équipe de France. Je réponds qu’on va devoir les appeler les dorés car ils iront chercher l’or. Puis il me demande si je ne regrette pas de ne pas avoir été champion olympique. Je réponds que j’ai quand même eu le bronze et deux titres de champion du monde, que l’on vise toujours plus haut… Mélvyn coupe l’interview et dit « T’inquiètes pas papa, je la gagnerai pour toi. »


Parlons de ton actualité médiatique. Pourquoi as-tu choisi de te raconter dans un film ?

Je voulais marquer le coup avec les fans et la nouvelle génération. Raconter mon parcours, c’est une forme de reconnaissance pour la génération de MÉDARD. On a tendance à ne penser qu’à Barcelone mais il ne faut pas oublier le début de l’aventure, se souvenir de leur Mondial B à Marseille puis en 1990 à Prague lors de notre qualification pour les J.O. de 1992. Dans ce DVD on verra un Philippe GARDENT affûté, Laurent MUNIER avec les cheveux longs… Thierry PERREUX et tous les autres.


C’est un DVD sur la star Jackson RICHARDSON ?

Cela raconte mon parcours, plus de l’homme que du handballeur reconnu, au travers des témoignages de ceux qui m’ont côtoyé pendant ma carrière ou qui sont encore près de moi, ma famille et mes amis. Je n’ai pas été présent sur les tournages et je vais découvrir des témoignages. Ce n’est pas un film anti-star pour autant (rires).


Quel regard portes-tu sur l’équipe de France ?

Après Athènes en 2004, si je repartais pour un dernier Mondial, c’était pour vivre une aventure avec cette génération pleine de pépites. Je suis en admiration de l’évolution de son jeu. Lorsque ma génération jouait devant la Suède, on se disait qu’il faudrait être super bon pour ne pas se faire démonter. Je me mets à la place des équipes qui jouent depuis 2008 face à la France.


Tu as disputé le Mondial 2001 et la France accueillera à nouveau l’épreuve en 2017. Quelle pression entoure une équipe qui joue à domicile ?

La présence des amis, de la famille, jouer devant son public, permet de se transcender encore plus. Jouer une telle compétition à domicile permet de bénéficier de circonstances favorables. Il faut mettre cette pression à profit. Avec leur motivation, cette pression sera positive pour les joueurs.


Continues-tu à faire un peu de sport ?

Tout au long de ma carrière, j‘ai eu un problème au genou. En plus je n’ai jamais aimé courir et je devais me botter les fesses pour faire le travail physique. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais me mettre à courir ! Mais depuis que je suis adjoint à Chambéry, je profite de soulever un peu de fonte pendant les séances de musculation. Parfois à l’entraînement, je fais aussi quelques séries de penalties. Je m’amuse.


DVD « DE JACKSON A RICHARDSON »

Documentaire disponible mi-décembre en DVD (1h20 ) au prix de 15,99 € (En pré-commande au prix de 14,50 € + 2,50 € de frais de port jusqu’au 28 novembre)

- En vente à Nayéli Productions – BP 60 004 – Juillac-le-Coq – 16130 Segonzac
- Il sera ensuite disponible auprès de Central’Hand : www.central-hand.fr/
- Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=DbifZdQyia8 


Le film sera donc diffusé le 1 décembre à 20 heures 50 sur l'Équipe 21.

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