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Reconversion - Le Mag : Stéphanie Cano toujours d'attaque

8 novembre 2014 - 12:41

Ils ont porté haut les couleurs de l’équipe de France mais leur retraite internationale, puis la fin d’activité en club, les ont placés devant leur avenir : Que faire ? Comment le réaliser ? Avec quels dispositifs ? Avec quel accompagnement ? Avec quelle motivation et quels ressorts ont-ils basculé dans une nouvelle voie professionnelle ? Barjots, Costauds, Femmes de Défis… Témoignent ici de la délicate transition entre une carrière sportive accomplie et un nouveau dessein professionnel.

Depuis son aile droite, elle virevoltait et affolait les statistiques. Ce petit bout de femme (1m64) au caractère bien trempé fut naturellement capitaine de l’équipe de France avec laquelle elle conquit le titre mondial en 2003. Elle mit ensuite sa carrière internationale entre parenthèses, pendant une saison, pour se consacrer à ses études de kinésithérapeute devenu son métier aujourd’hui à Pessac. Par Hubert GUÉRIAU

Dans son cabinet de Kinésithérapie basé à Pessac (Gironde), une seule photo rappelle le passé glorieux de la praticienne. « C’est une photo prise par Grégory TERVEL après la victoire en Ligue des Champions avec le club danois de Slagelse », raconte Stéphanie CANO devenue alors la 1e française à remporter l’épreuve. Deux autres images témoignent du dynamisme de la jeune quadra : « Un Bike and Run avec mon frère et une autre lors de mon premier marathon du Médoc en 2013. » Cette année, l’ex-capitaine de l’équipe de France a bouclé son 3e Marathon, à Barcelone, avec un bon chrono de 03h38. Si elle multiplie les activités sportives, elle ne compte pas replonger dans le handball où elle pourrait aussi exercer son métier : « Je suis devenue un peu allergique aux déplacements et lorsque je prépare mes sacs c’est uniquement pour partir en vacances. Je suis aussi très attachée à profiter de tous mes week-ends. »

Capitaine de l’équipe de France de 2001 à 2008, Stéphanie CANO a débuté sous le maillot bleu en 1993. Une aventure qui l’a conduite jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin. Surdouée pour le handball mais laborieuse sur les bancs de l’école, Stéphanie décroche son bac à 20 ans. « J’ai échoué au Baccalauréat deux fois puis je l’ai enfin obtenu en candidate libre. Cela m’a ouvert des perspectives et j’ai enchaîné avec l’UFR Staps, option entraînement. » Elle obtiendra sa licence. « Mes parents étaient contents et à ce moment là je me suis dit que j’avais un bagage solide. »

À l’issue du championnat d’Europe 2002 (médaille de bronze) où elle est élue meilleur ailière droite, Stéphanie quitte Mérignac pour une aventure espagnole qui passera aussi par le Danemark. « Pendant ces trois années-là, je me consacre à 100 % au handball. J’essaie d’apprendre à jouer de la guitare, mais je n’y arrive pas (rires). » « À mon retour en France en 2005, le temps a passé et je redescends sur terre. Même si cela marche bien, arrivent les petites blessures… Je commence à cogiter et à stresser un peu. » Et la Girondine de ne pas s’imaginer enseignante. « En fait je n’avais pas du tout envie d’être professeur d’EPS. Surtout, j’avais ce petit truc derrière la tête depuis toujours, être kinésithérapeute. J’en parle alors à Olivier KRUMBHOLZ et à Philippe BANA qui me proposent de passer le concours de Gardien de la Paix. Je n’avais pas envie de cela, je voulais tenter quelque chose qui me semblait alors presque inaccessible. »

Forte de son statut de sportive de haut niveau, avec l’aide et l’appui de la Direction Technique Nationale de la FFHB, elle présente un dossier qui passe au Ministère des Sports (qui établit un classement entre sportifs de haut niveau) afin de pouvoir se présenter au concours de l’école de kinésithérapie. Le dossier présenté à l’école de Bordeaux n’est pas assez convaincant et Stéphanie, alors qu’elle vient de rejoindre le CA Bègles, se lance dans une remise à niveau. « Je décide de faire l’impasse sur la saison internationale et le Mondial 2005. Je prends le risque de perdre ma place. Je constitue un stock de bouquins à la maison, je me fais mon emploi du temps en concertation avec mon club et je me plonge dans la physiothérapie et l’anatomie. »

L’année suivante, au début de la saison 2006-2007, elle intègre l’école bordelaise et découvre le volume de travail. « Malgré ma remise à niveau, je manque de temps pour tout, pour bucher en neurologie, en anatomie, en physiologie. Il faut que je m’entraîne, que je joue, que j’étudie, que je dorme… Je m’achète un scooter pour optimiser mon temps. Je ne vois plus personne. Je ne sors plus. Heureusement, mon club et l’entraîneur Jean-Sébastien LOPEZ  sont intégrés à mon projet et sont conciliants. » De sorte que la championne du monde obtient sa 1e année, non sans mal. « Je me souviens que lors de l’Euro 2006 en Suède, je passais mon temps à travailler dans ma chambre alors que j’étais capitaine… Le 3e jour, je me fais une petite fracture au pied (qui ne l’empêchera pas de jouer) et je suis soulagée de quelques entraînements. Je bosse pendant ce temps là. Ma coéquipière Ludivine JACQUIMOT m’apportait les cafés dans notre chambre. Ce n’était pas simple mais on a décroché la médaille de bronze. »

Avec la perspective du Mondial 2007 plus les J.O. de Pékin, Stéphanie décide de réaliser la 2e année en deux ans avant de décrocher son diplôme en 2010. « J’ai bien galéré. Je me souviens qu’à l’issue des premiers partiels, j’ai été convoqué par la Directrice. Il y avait tous les profs autour de la table. J’ai versé ma petite larme. Je penais des bulles de partout alors que j’étais à bloc. Je promets de trouver du temps pour mieux bosser. » Avec hargne, courage et une énorme volonté, les notes deviendront moyennes puis satisfaisantes, enfin remarquables. « Lorsque tu as 30 ans, que tu t’es mise au 1e rang, que tu es entourée de minots, ça pique en ton for intérieur et tu trouves des solutions. »

À l’été 2010, elle fête son diplôme au cours d’un long séjour en Corse après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle sous les couleurs béglaises. « J’avais fait un stage chez un kiné à Pessac qui m’a ensuite proposé de m’installer à la place de son associé qui partait. Au départ, tu as une petite dizaine de patients et tu comptes sur le bouche à oreille. Tu attends que le téléphone sonne et tu envoies des courriers pour te faire connaître auprès des médecins. » Elle sympathise avec un collègue osthéopathe qui lui réoriente ses clients. « Grâce à lui, j’ai pu constituer toute ma clientèle. Je ne suis sûrement pas la meilleur kiné du monde mais j’aime mon métier et je m’épanouis dans cette activité avec une patientèle très variée. »

Lycéenne puis étudiante laborieuse, Stéphanie CANO est une exemple de pugnacité. « Il ne faut pas aller vers la facilité. C’est compliqué de s’engager dans un cursus universitaire avec une carrière de haut niveau. Cela demande beaucoup d’investissement et de patience. » Championne du monde et diplômée de kinésithérapie, se souvient-elle de l’émotion qui accompagne le succès ? « Un diplôme récompense un travail individuel. Cette médaille d’or de 2003 a été très difficile à obtenir avec la frustration de ne pas toujours pouvoir s’exprimer. À l’issue de ces deux récompenses, j’ai ressenti la même chose : un énorme soulagement mélangé à la fierté d'avoir accompli un objectif d'une belle ampleur. »

Stéphanie CANO
Née le 17 avril 1974 à Bordeaux

CLUBS SUCCESSIFS : 
- Léognan
- Mérignac Handball
- Milar L’Eliana Valence (Esp)
- Slagelse DT (Dan)
- Elda Prestigio (Esp)
- CA Bèglais

PALMARÈS :
- 231 sélections en équipe de France (462 buts)
- Vice-championne du monde 1999
- Championne du monde 2003
- Finaliste de la Ligue des Champions 2003
- Vainqueur de la Ligue des Champions 2004
- Quart de finale aux J.O. de Sydney (2000) et Pékin (2008)
- Demi-finale aux J.O. d’Athènes (2004) 
- Médailles de Bronze championnat d’Europe (2002 et 2006)
- Élue meilleure ailière droite du Championnat d’Europe 2002

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